Gravity, une Odyssee Spatiale

C’est LA sortie ciné du mois, c’est peut être même, si on en croit les différentes critiques parues pour l’instant, LA sortie de ces 40 dernières années en terme de film sur et dans l’espace. Un chef d’œuvre annoncé, la presse et même d’autres réalisateurs comme James Cameron saluent la virtuosité d’Alfonso Cuaron. Pourquoi autant d’engouement ? Petit (et modeste) tour d’horizon du projet.

 

Le réalisateur : Alfonso Cuaron.

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Gravity, c’est tout d’abord le nouveau film du réalisateur et scénariste mexicain Alfonso Cuaron. Il en a aussi écrit le scénario avec son fils, Jonas.

Mais avant Gravity, on a entendu parler de Cuaron pour pas mal d’autres films.

Après plus de 10 ans de carrière en tant que réalisateur, producteur et scénariste au Mexique, il signe en 1995 pour les Etats-Unis l’adaptation de La Petite Princesse, de Frances Hodgson Burnett, qui est aussi l’un des romans préférés de… JK Rowling. Le film connait un joli succès critique et sera nommé aux oscars.

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Il réalise ensuite une autre adaptation, celle du roman de Charles Dickens, De Grandes Espérances, avec Ethan Hawke, Gwyneth Paltrow et Robert De Niro, dans une version contemporaine.

Après ça, Alfonso Cuaron retourne au Mexique après 10 ans d’absence pour tourner un film qu’il a en tête depuis plus de 10 ans : Y Tu Mama Tambien, en 2001. Le film, une sorte de road trip adolescent sur le passage à l’âge adulte, avec tout ce que cela implique en terme de recherche de soi et d’identité sexuelle, ne passe pas inaperçu. Il devient le plus gros succès en terme d’entrées au Mexique et se taille une belle réputation internationale. Ce qui vaut à Cuaron d’être contacté par la Warner pour diriger le prochain Harry Potter.

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C’est l’auteure elle même, JK Rowling, qui suggéra son nom aux producteurs, après avoir vu et aimé son adaptation de La Petite Princesse qui est, comme je le disais plus haut, l’un de ses romans préférés. Réticent au départ à l’idée de diriger un tel blockbuster, une lecture du scénario le décide à s’engager dans le film, convaincu par le ton donné à ce nouvel opus. En effet, Harry Potter entre dans sa troisième année, et il a bien grandi depuis les deux premiers films. Nous avons ainsi affaire à un adolescent, qui se pose des questions sur son identité, d’où il vient, à la recherche d’un mentor et d’une figure paternelle, et qui a des relations houleuses avec les adultes. Cuaron dépoussière donc la franchise : les enfants passent leur temps, dans le film, en survêt’ et, dans les rares scènes où on les voit en uniforme, ce n’est plus dans la rigueur des deux premiers films, mais plutôt cravates défaites, chemises ouvertes et à moitié hors du pantalon. Cuaron sait filmer les ados, jusque dans leurs intéractions, entre eux ou avec des adultes. Il se permet de livrer une adaptation toute personnelle, que ce soit visuellement avec de petits détails macabres comme les têtes réduites, ou encore dans le scénario, qui livre de petits indices sur la suite des romans, avec par exemple la relation Hermione/Ron. JK Rowling déclarera lors de la sortie du film que c’est son adaptation préférée de ses romans. Je pense aussi que Cuaron a signé là le meilleur film de la franchise.

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Après ça, Alfonso Cuaron s’attelle à une nouvelle adaptation, celle d’un roman de P.D James, dont les droits sont détenus par la productrice Hilary Shor depuis 1994 : Les Fils de l’Homme. Cuaron n’avait pas aimé le premier jet du scénario, il arrive donc tardivement sur le projet, après la rédaction d’une nouvelle version qui cette fois lui a plu.

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Les Fils de l’Homme est un thriller d’anticipation, qui s’interroge sur les mouvements migratoires à l’échelle planétaire et sur ce qui pourrait advenir de l’humanité si celle-ci devenait stérile. Le réalisateur a choisi de nous placer au plus près du point de vue de Théo, le personnage de Clive Owen, petit employé au début du film qui revêt une importance capitale dans la suite des évènement puisqu’il doit escorter la toute première femme enceinte depuis 18 ans, qui est une réfugiée. Pour se faire le réalisateur choisit de tourner la plupart du film en plans séquence, certains plus court que d’autres, dont quelques uns sont de véritables morceaux de bravoure, le premier du film, par exemple, mais surtout celui qui prend place dans une voiture et le dernier, qui suit Théo en pleine guerre dans le camp de réfugiés. Le film est une véritable claque visuelle doublé d’une réflexion intelligente sur un avenir possible. C’est un film majeur, que ce soit dans la filmographie de Cuaron ou bien dans le cinéma de SF de ces dernières années. Après ça, autant dire que le prochain film du réalisateur sera très attendu…

 

Ground control to Ryan Stone

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On entend parler de ce film depuis, facilement, 2010. Angelina Jolie était la première actrice attachée au projet, puis le nom de Robert Downey Jr a circulé pour le personnage masculin.

On peut dire que depuis, le buzz autour de Gravity est monté progressivement, jusqu’à atteindre des sommets ces derniers temps avec la sortie des premières critiques. Alors, de quoi parle le film ?

Tout d’abord, ce film n’est pas un film de science-fiction. On pourrait en parler comme d’un drame spatial, l’action est contemporaine et pourrait très bien se dérouler en ce moment même, à quelques 600km de la Terre. En effet le film prend comme point de départ ce que la NASA appelle : «le syndrome de Kessler». C’est le résultat de ces satellites hors d’usage et de ces déchets abandonnés d’anciennes missions spatiales, qui se percutent et se transforment en déchets plus petits encore et qui mettent, à terme, en danger la vie des astronautes et des vaisseaux spatiaux. La catastrophe dépeinte dans le film et que l’on voit dans la bande annonce est provoquée par ce genre de phénomène. Une catastrophe qui va laisser le personnage joué par Sandra Bullock seul face à l’immensité de l’espace, mais aussi face à elle même. C’est l’infiniment grand face à l’infiniment petit. C’est d’autant plus difficile pour elle car son personnage est une astronaute novice, même si elle est guidée par celui de George Clooney qui lui apporte son aide et joue le rôle de mentor. Mais pas pour tout le film, apparemment.

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Pour rendre de manière réaliste l’effet de «la gravité zéro», les concepteurs du film ont inventé ce qu’ils appellent la «Light Box». C’est un cube aux parois intérieures recouvertes de minuscules lampes LED, qui offrent un éclairage que les projecteurs traditionnels n’auraient pas permis. Ce cube offre aussi des lampes et caméras fixées sur des bras robotisés, ainsi que des systèmes de rotation, le tout piloté à distance par ordinateur. Sandra Bullock étant seule dans ce cube, elle avait en permanence lors du tournage une oreillette qui lui diffusait des bruitages lui permettant de réagir et donc de jouer les émotions demandées lors du tournage. Portant le film quasiment sur ses seules épaules, elle était très souvent isolée lors du tournage, sentiment dont elle se nourrissait pour mieux incarner encore cette femme, Ryan Stone, coupée de ses racines, seule dans l’espace, entre le vertige de l’immensité noire et la claustrophobie des espaces confinés.

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L’univers visuel du film est imperméable à toute fantaisie, ici c’est le réalisme qui prime. La NASA a d’ailleurs collaboré lors des recherches, fournissant à l’équipe du film des photos et des films d’archives.

Pour rendre de façon plus optimale ce réalisme voulu, le réalisateur à du faire plusieurs choix de mise en scène. Comme les plans-séquence, par exemple. Il suffit de revoir Les Fils de l’Homme pour se rendre compte à quel point il les maitrise. Dans Gravity, ils permettent justement au réalisateur de rendre compte aux spectateurs du sentiment de vertige et à la fois de claustrophobie vécus par le personnage principal, en commençant par exemple sur un large panoramique se transformant en gros plan sur son visage puis pour finir en caméra subjective, comme l’explique le directeur de la photo.

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Un autre choix de mise en scène, la 3D, souvent décriée dans les productions actuelles pour ne servir à rien, à part augmenter le prix du billet. Dans ce film, cela permet au spectateur d’être encore plus immergé, nul doute que la 3D combinée à ces fameux plans séquences éveillent en nous des sensations primaires telles que le vertige et la claustrophobie, comme on pourrait les vivre en de telles circonstances. Et il suffit de lire les critiques maintenant nombreuses pour voir que ce n’est pas un simple artifice, que ça fonctionne vraiment et que c’est même la meilleure 3D vue au cinéma (même James Cameron, grand gourou de la 3D au cinéma, le dit…).

Il a dit aussi, lors d’une interview pour Variety :

J’ai été abasourdi, absolument terrassé par le film. Je pense que c’est la meilleure photo de l’espace jamais vue, le meilleur film sur l’espace jamais réalisé. J’avais très envie de voir Gravity depuis un bon moment. Ce qui est intéressant dans le film, c’est la dimension humaine. Alfonso et Sandra travaillent main dans la main pour créer ce portrait limpide d’une femme qui se bat pour rester en vie en apesanteur.

Il y a pire comme promoteur !

 

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Pour conclure, le nouveau film d’Alfonso Cuaron en emballe déjà, et va emballer plus d’un. C’est un film très attendu, parce que son réalisateur a su en quelques films faire ses preuves et démontrer une virtuosité certaine dans sa mise en scène, et parce qu’il y avait bien longtemps que l’on n’avait vu peinture aussi immersive de l’espace. Les critiques sont dithyrambiques et les trailers plus qu’alléchants. Alors, je ne sais pas pour vous, mais moi, le 23 octobre, je vais me trouver une salle IMAX et courir le voir en 3D !

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